10/02/2009

Week-end à Faymonville 2009 : Récit et photos

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Week-end à Faymonville (du 06 au 08 février 2009)

Isoline, Isabelle, Freddy, Berto et Jos ont invité Myriam et Pietro à passer un week-end en Ardennes dans les Hautes Fagnes. C'était leur cadeau pour leurs 25 ans de mariage. La surprise est qu'il y avait un peu plus d'invités que prévus puisque Gérard, Christine, Charlie et moi, nous nous sommes joints au groupe. Christine et Charlie sont venus seulement le samedi. L'espoir de Freddy était qu'il neige et que l'on puisse faire du ski de fond. C'était raté pour la neige, mais pas pour le reste.

Le vendredi soir, tout le monde s'est donné rendez-vous à Faymonville, joli petit village tout près de Waimes (pas loin de Malmedy). Gérard et moi sommes venus dans sa camionnette avec nos quatre vélos (pourquoi quatre ? Pas pour rouler avec 2 vélos en même temps, mais avec les VTT et les vélos de courses). Comme ça on était prêts à tout. Heureusement qu'on venait en Ardennes sinon on aurait aussi pris nos pédalos.

Visiblement la surprise de Pietro était éventée, un zigoto (mon père, pour ne pas le nommer) avait vendu la mèche. Caramba, encore raté !!!

La maison louée par Freddy avait 36 chambres (en fait je n'ai pas compté) chacune avec une salle de bains. La boussole était fournie avec le papier WC pour qu'on puisse s'y retrouver dans le dédale des couloirs et des escaliers. En plus si on était bloqué par des congères on avait aussi un Billard, un Kicker, un Sauna, un Jacuzzi, un Feu de cheminée, un des etc....

Et c'est par une fondue bourguignonne géante que le week-end a commencé. Comme les vins de Freddy étaient comme d'habitude délicieux, ceux-ci ont coulé un peu trop à flot. Et la Grappa a fini par décoincer les plus coincés. Berto hurlant « Sommelier » a chaque verre bu cul-sec.

Et c'est dans le Jacuzzi que la soirée s'est terminée et ensuite... « Sommelier ! », tûût, « Champagne !», censuré...,  le sauna..., tûût..., fait chaud..., tûût.... Calmez-vous tout est resté correct.... Heu, enfin j'espère, quoi que....

Le samedi tout le monde était levé à 8h. Pas difficile, Pietro hurlait dans tous les couloirs : « DEEEBOUUUUUUUUT !!!». Tout le monde sauf Berto dont les quelques verres de Grappa faisaient toujours tourner les murs.

Freddy m'avait demandé de faire quelques parcours GPS au cas où on pourrait faire du vélo. J'avais donc la responsabilité de faire la conduite du petit groupe et de nos VTT. On allait faire Faymonville - Monschau soit +/- 64 km avec quelques solides côtes.

Et c'est direction Saint-Vith que nous sommes partis. Les plus curieux qui auront pris une carte auront vu que Saint-Vith est dans la direction opposée de Monschau en partant de Faymonville. Les résidus des vapeurs d'alcool m'ont fait confondre les traces du GPS. Bon ce n'était pas grave, après quelques kilomètres je m'en suis rendu compte. Dans ce cas, le truc est de faire l'innocent qui maîtrise son sujet, et surtout il ne fallait pas effrayer Jos, qui aurait fait demi-tour encore plus vite que Speedy Gonzales. Dans le pire des cas, on allait faire 10 kilomètres en plus avec nos gros VTT. Et comme les vapeurs d'alcool de la veille étaient descendues dans les guibolles (c'est étrange, de la vapeur qui descend), les côtes paraissaient longues, mais longues...

La longue montée entre Amblève et Bullange n'était pas du tout prévue au programme. C'était une route beaucoup trop fréquentée. Le brouillard que je voyais était réel, puisqu'une automobiliste nous a gentiment dit que nous n'étions pas du tout visibles. Mais si nous n'étions pas visibles comment a-t-elle fait pour nous voir ? C'est l'énigme de la journée.

Comme mon feu rouge arrière était sur mon vélo de course resté dans la camionnette de Gérard et que ma veste fluorescente était restée à Jette, c'était difficile de se faire voir comme un phare le long des côtes bretonnes. Seul Jos avait un petit feu rouge clignotant aussi timide que lui. Tant pis, on continue, déjà qu'il faut faire un détour...

Dans cette montée Jos souffre et souffle comme il peut, mais il va s'accrocher jusqu'au bout.

La trace officielle est récupérée peu avant Rocherath (pour la visite du Lac de Butgenbach, c'est raté), et j'essaye comme je peux de raccourcir un brin le parcours pour récupérer un peu ma bourde. C'est de la haute voltige, avec la visibilité réduite et les lunettes embuées.

Le Parc Naturel des Hautes Fagnes est traversé tambours battants avec une altitude maximum de 650 mètres. Et enfin c'est l'Allemagne, ses belles routes (c'est bizarre, cela devient une constante, on sait toujours quand on passe la frontière en comparant l'état des routes étrangères avec les nôtres), ses belles maisons et ses policiers. Go to the pistes cyclables.

Devant un panneau indicateur indiquant (heureusement) Monschau à 11 kilomètres on fait une petite pause photos. Il y a encore un peu de neige, cela trompera le spectateur. Et c'est alors que Pietro démarre comme un seul homme dans la direction opposée à la flèche. Cela fait plaisir à voir. Il n'y a pas que moi qui ait encore le cerveau engourdi par la soirée précédente.

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Monschau est atteint en coupant tout droit (on récupère de petits kilomètres). Mais l'inconvénient est que les routes deviennent des chemins et la descente dans la cuvette de Monschau, par une route en zigzags serrés faites de gros pavés glissants avec une pente de 18%, s'apparente à un travail d'équilibriste sur une savonnette. En vélo de course, on aurait fait un tout droit dans la Rur (non, je ne m'éclaircis pas la gorge, c'est le nom de la rivière qui traverse Monschau). Dans cette descente le chant des freins à disque chauffés au rouge est assourdissant.

On a perdu presque 250 mètres (l'altitude est de 400 mètres), mais cela en valait la peine. Le brouillard s'est levé comme par enchantement et la ville se dévoile.

Monschau ? Was ist das ? « Monschau (bis 1918 Montjoie, am 9. August 1918 Änderung des Namens durch kaiserlichen Erlass Wilhelms II. in Monschau) ist eine Stadt an der Rur in der Eifel. Sie liegt im Bundesland Nordrhein-Westfalen, ... ». Heu..., in Französisch bitte : « Montjoie (Allemand : Monschau) est une ville d'Allemagne occidentale, située au sud d'Aix-la-Chapelle (Arrondissement d'Aix-la-Chapelle), et en bordure du plateau des Hautes Fagnes. Elle compte quelque 13 000 habitants. La ville est située dans la région de l'Eifel, dans l'étroite vallée de la Roer. Contrairement à de nombreuses autres villes allemandes, son centre historique du XVIIIe siècle ne fut pas détruit pendant la Seconde Guerre mondiale. Ses nombreuses maisons à colombages et ses toits d'ardoise en font une ville d'un grand intérêt architectural et touristique ». Pour plus de renseignements Wikipédia est très bien.

Les maisons sont très jolies, et je suppose que l'abus de Schnaps n'est pas étranger aux étranges lignes droites et perpendiculaires des charpentes. Rien n'est droit, mais tout tient.

Gérard est le premier à apprécier l'architecture teutonne.

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Quelques photos de Monschau.


Après une petite pause et quelques photos il faut repartir. Et ce qu'on a descendu il faut le remonter. Mais heureusement, plus par la petite route sinueuse. On va se taper 6 km de montée et regrimper à 650 mètres d'altitude. On se croirait presque en montagne avec les lacets des routes. Mais plus on monte plus le brouillard est dense. Le retour est plus court que l'allée (et pour cause), mais plus pénible car il commence à pleuvoir un peu et le vent est de face. Gérard et Jos s'accrochent, Pietro et Freddy décrochent à du 40 km/h et moi j'essaye de deviner dans le brouillard ce que ce GPS veut bien afficher. Où sont les lunettes avec essuie-glaces de Fantasio dans « Spirou et les Héritiers » ? (On a la culture qu'on peut).

A chaque fois que Jos nous rejoint au sommet d'une côte ou à un carrefour on entend de moins en moins fort : « Je suis fatigué, c'est encore loin ? ». C'est presque dans un râle d'agonie qu'il l'a dit au dernier virage.

Gérard qui commençait à fatiguer était tout content que son pneu arrière fasse « flop flop flop, flebeleb ». C'est donc un moment de récupération pour faire la réparation. Mais l'arrêt fait qu'on a vraiment profité du froid qui devient de plus en plus pénétrant.

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La crevaisons de Gérard.



On redémarre et peu après que vois-je ? Flanqué et abandonné en plein milieu d'un rond point, apparaît dans la brume une grosse bestiole : Un M108 Howitzer. Qu'est-ce qu'il dit, il commence à radoter ! Le M 108 Howitzer est un obusier ou char d'artillerie américain de 21 tonnes qui pouvait tirer des obus de 105 mm à 15 kilomètres. Une batterie d'artillerie était  composée de 6 de ces chars qui devaient de préférence toujours tirer en même temps. Il date des années 60, est resté en Belgique jusqu'en 1985 et est le petit frère du M 109 Howitzer (obus de 155 mm) avec lequel les israéliens tirent encore de temps en temps autours d'eux.

Repos...

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L'obusier dans la brume.



Quel est le rapport avec le vélo. Aucun. J'ai « bêtement » fait mon service militaire comme gugusse sur la tourelle (=chef de char) de ce M 108 à Bastogne et Elsenborn. Comme le char allait être remplacé par le M 109 on pouvait s'amuser à tirer tous les obus qui restaient. Nostalgie quand tu nous tiens, tu ne nous lâches plus...

Mais trêve de rêverie, où en étais-je ? Ah oui : « C'est encore loin, je suis fatigué... », agonise encore Jos dans un dernier râle en mangeant sa 49 ème barre de chocolat..

Sur ces entrefaites on est arrivé. Ouf... Les 71 kilomètres et 850 mètres de dénivelé sont faits avec nos gros VTT et leurs boudins de tracteur.

Le tracé GPS:
Le parcours

Après un bon Spaghetti, c'est un après-midi de repos et l'arrivée de Christine et Charlie.

Ensuite c'est direction Billard et Kicker avec le plafond de la cave à 1 mètres 80. Mon beau crâne luisant s'en souvient encore.

Et Freddy devant le billard revit : Il se revoit à 10 ans battre tous les champions et réapprend rapidement tous ses anciens coups. Il est donc imbattable, sauf... par Charlie qui après avoir battu tout le monde au Kicker (10-9, 9-10, 8-10, 10-9 et 10-7 avec moi, je suis content quand même, na !) (L'entraînement de Charlie avec les dockers semble payer), se met au billard et se révèle la aussi le King de la cave. Une nouvelle vocation est née.

Le soir, Freddy nous a imaginé une raclette aux fromages et avec le Fendant du Valais. C'est chouette, on s'amuse avec nos cuissons diverses.

Le système d'alarme incendie, dont les limites de la sensibilité ont déjà été testées par les fumées de la fondue de la veille, mais sans être atteintes, n'en peut plus d'endurer celles de la raclette. Le coup de grâce est donné par les vapeurs tenaces et abondantes d'une minuscule tranche de saucisson. L'alarme est digne d'une alerte aérienne de la guerre 40-45. Tout le village est à la cave. Nous on reste digne et stoïque, on attend les pompiers. On enlève ce qui reste de la tranche rebelle, on aère et Pietro parvient à déconnecter le système d'alarme. Il fallait le faire. Trouver le bouton dans un gigantesque panneau qui gère tout le château (heu la maison). Les pompiers ne sont jamais arrivés. Ouf !

Le dimanche, c'était la journée de Charlie. « Navré » de ne pas avoir pu rouler avec nous le samedi, il nous avait concocté un petit parcours pédestre. De cette façon, tout le monde pouvait participer. Le brouillard avait disparu, on pourra enfin voir où on marche. La distance qu'il nous annonce était d'un peu plus de 12 kilomètres, mais en nous disant que peut-être ce sera 15. Les distances semblent calculées au pifomètre. Nous allons faire le tour de Waimes.

Bien que j'aie une confiance absolue dans les talents de navigation de Charlie, je prends quand même mon GPS. On ne sait jamais, un coup de vent et la carte s'envole, une pluie subite et la carte tombe en milles morceaux.

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Le petit groupe avant le départ.






On est donc parti tout content avec nos grosses bottines de marches. Je vais roder les miennes, 12 bornes cela devra tenir.

De Faymonville à Waimes, nous prenons le chemin de fer. Ou ce qu'il en reste. Les gares, les signaux, mais pas les rails. C'est sympa, c'est plat, et on marche bien. De Waîmes, c'est direction Libômont (ça monte, mais c'est asphalté), ensuite Chôdes. On arrive pas loin de Malmédy quand on fait demi-tour par un chemin de terre. On va suivre le chemin de fer de nouveau jusque Waimes. Le problème est que le GPS indique 10 kilomètres et on a fait seulement la moitié du parcours. Petite panique. Combien de kilomètres reste-t-il à faire ? Tout le monde commence à me presser de questions et j'essaye de compter les kilomètres à la manière de Charlie. 1 kilomètre = 1 miles.

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Isabelle fait du hors-piste.




Le chemin de fer est toujours bien équipé. Il y a même un bâtiment pour la pesée des wagons.

Les ponts sont branlants. On suit donc le chemin de ballaste avec des pierres qui sont affreuses pour les pieds et les chevilles. Pietro qui n'avait finalement pas de si grosses bottines (c'est rien de l'écrire) souffre à chaque pierre écrasée. La fin du parcours devient harassante. On avance. 12, 14, 16 kilomètres, on est à Waimes. Myriam m'en veut d'avoir été trop optimiste dans l'annonce des kilomètres restants. Qu'est-ce que j'en peux. C'est trop injuste... (dit à la manière de Calimero).

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Le cheval qui mange des Chokotoffs (les chocolats).





Les muscles des cyclistes ne sont pas vraiment habitués à ce genre d'effort. A partir de Waimes, le peloton éclate (comme à vélo). Berto commence à ralentir dangereusement. Isoline reste avec lui. La dernière montée vers le gîte est assez longue, c'est au compte goutte que chacun arrive. Mais victoire, on y est : 19,4 kilomètres, en 4h20. Record battu pour beaucoup. Christine et Charlie sont frais comme des gardons, pour les autres je ne sais pas trop, mais moi avec mes cloches et mes raideurs, le lundi je ne savais plus marcher. On est quand même heureux de l'avoir fait et on n'en veut pas trop à Charlie. De toute façon, connaissant le lascar, même inconsciemment tout le monde s'y attendait.

Le tracé GPS: Le parcours

Après cette marche, tout le monde est affamé. Freddy nous a prévu un Risotto aux scampis et aux poulets. Un risotto n'est pas aussi simple que ça à préparer. Voyant Freddy, c'est toute une science. Chaque aliment devant cuir différemment, la préparation se fait en séquence. C'est beau de voir un risotto se construire et surtout c'est délicieux à manger. Un vrai régal et un festin digne des rois. Il ne restait plus rien.

C'est comme du week-end, il était fini. Heureux du week-end, avec de superbes souvenirs pleins la tête, c'était deux jours bien remplis passés avec les amis. La neige n'était pas là, elle est venue deux jours après. C'est dommage pour le ski, mais qu'importe ce sera pour une autre fois.

J'espère que Myriam et Pietro se souviendront longtemps de ce moment entourés des copains pour fêter leur 25 ans de mariage.


Alain Darville.